Réglage moteur
A la base et avant modification le moteur du 125 RDX doit fonctionner « correctement ». Dans des conditions normales (sur le plat, sans vent, au dessus de 15°C) et avec la démultiplication d’origine, le régime de P max de 9000 tr/mn doit être dépassé sans difficulté et le moteur doit « saturer » en 5° (~9500 la puissance chutant fortement après). Les grands gabarits devront se coucher sur la moto et laisser au vestiaire anoraks et écharpes.
Si ce n’est pas le cas il faut trouver pourquoi et régler le problème (encrassement filtre à air ou échappement, calaminage moteur, mauvais état cylindre et piston, allumage mal réglé, partie cycle frottante, Cx du pilote, etc…)
Régler précisément l’avance à l’allumage d’origine sur les 2 cylindres (1,8mm ou 21°). Les modèles 2R6 ont une avance à 1,5 mm qu’on à avantage à augmenter à 1,8 mm.
Plus d’avance (jusqu’à 25°) favorise les bas régimes mais fait chauffer l’intérieur du moteur. Le point fusible est le piston.
Pour la richesse c’est l’inverse : une faible richesse fait chauffer le moteur. Sur un 2 temps à carter pompe, la richesse doit être élevée pour refroidir le piston, qui par principe est mal refroidi, par opposition à un 4 temps ou les projections d’huile du carter ou des jets d’huile sous pression (« pissettes ») contribuent significativement à ce refroidissement.
Donc tant que la richesse n’est pas réglée, il faut impérativement se limiter aux 21° d’origine pour assurer la sécurité du piston (serrage, usure, trous dans la calotte)
La richesse
D’abord qu’est ce que ça veut dire, la « richesse » ?
La combustion idéale d’un carburant dans l’air (celle qui ne produit que du CO2) demande une juste proportion entre la masse d’air et la masse d’essence. Environ 14,5 gr d’air pour un gr d’essence, on est alors à la richesse 1.
Si la richesse est plus forte, par exemple 1,1, les gaz carburés contiennent 1,1 fois la masse d’essence qu’il faudrait idéalement (10% de plus), le réglage est dit « riche » : en excès de carburant. Si la richesse est de 0,9 c’est l’inverse, le réglage est « pauvre ».
Pour réduire la consommation il faut un mélange pauvre.
Pour augmenter la puissance et refroidir l’intérieur du moteur il faut un réglage riche (l’évaporation de l’essence absorbe globalement beaucoup de chaleur). Un carburateur bien réglé produit un mélange riche à pleine ouverture du boisseau et pauvre (avec des nuances) à faible ouverture. La richesse dont on parle ici est celle de la position pleine ouverture.
Le pot de détente va changer les pressions et dépressions dans le moteur, y compris pendant la phase d’admission pour un moteur à clapets, et ceci d’autant plus que le pot est efficace. Les pulsations dans l’admission changeant, le fonctionnement du carburateur peut être modifié. Il faudra alors en corriger l’effet. Difficile de prévoir la valeur à l’avance.
Une augmentation de section de l’entrée du filtre à air (ou son remplacement par des cornets, filtres mousses ou autres) va réduire la dépression au dessus du gicleur et va donc nécessiter un gicleur plus gros pour conserver le même débit d’essence et donc la même richesse.
D’abord partir des réglages d’origine : gicleur principal (82), position d’aiguille (2° cran, à partir du haut toujours), position vis de richesse de ralenti (1 tour ¼, n’est pas impacté par le pot de détente). Ce réglage sera probablement trop pauvre.
Pour augmenter la richesse et revenir à la valeur optimale il faut augmenter la taille du gicleur principal. Au moins 5 points d’un coup et ainsi de suite jusqu’à obtenir la bonne valeur.
Le gicleur d’origine a un petit filetage M4, spécial, il sera difficile de trouver d’autres gicleurs. On peut (délicatement car il y a peu de matière) tarauder le puis d’aiguille à M5 pour utiliser des gicleurs standards de provenance automobile ou moto. C’est plus que conseillé si le filtre à air est modifié (ou supprimée) car dans ce cas il faut changer significativement la taille du gicleur. Selon les configurations moteur, le gicleur peut varier de 80 jusqu’à 120 avec le carbu d’origine. 120 : sans filtre à air.
Agir sur l’aiguille change aussi la richesse, en la remontant on augmente la richesse, mais l’effet est faible, l’équivalent de quelques points sur le gicleur. Néanmoins si on ne modifie pas le filtre à air, ce réglage peut être suffisant. Il existe des gicleurs de 84 (modèle 2R6 1978 =>).
Sentir quand la richesse est bonne
Quand on monte progressivement la taille du gicleur en partant de bas, on passe d’un stade ou le moteur fonctionne mal (trop « pauvre »), puis mieux, puis bien, puis moins bien (trop « riche »). La bonne richesse est sur le mot « bien ». Il peut y avoir une plage : 2 gicleurs fonctionnent de manière équivalente. Pour choisir le bon il faut savoir que l’effet de la température est sensible sur la richesse. Quand il fait chaud le moteur devient plus riche, quand il fait froid le moteur devient plus pauvre. Si par exemple il fait très chaud et que deux gicleurs donnent le même résultat, choisir le plus gros en anticipation des moments où il fera plus froid.
Pour un non habitué, difficile de distinguer quand le moteur est trop pauvre ou trop riche.
Rien ne remplace l’habitude et la pratique, néanmoins les indications ci après vont vous aider :
Quand le moteur est trop riche :
Il a tendance à ratatouiller régulièrement, genre 4 temps : brbrbrbrbrbrbrbrbr
Mettre le starter fait chuter tout de suite la puissance
A froid le moteur fonctionne presque bien, mais plus du tout à chaud
Couper l’essence (en restant plain gaz) le fait marcher mieux quelques secondes
Quand on démonte la bougie les électrodes sont noires (mais ce n’est pas la seule cause d’une bougie noire)
Quand il est trop pauvre
Il est instable (oscillation lente de régime ou d’accélération)
Refermer un peu la poignée de gaz le fait accélérer légèrement
Mettre le starter peut améliorer la puissance (mais pas sur un 125 Yam, le débit de starter est trop fort)
A froid il faut le starter impérativement.
Quand on démonte la bougie, les électrodes sont grises clair voir blanches, surtout si on a roulé plein pot avant.
Parlons un instant de sécurité
Pour sentir le bon réglage il faut faire plusieurs accélérations plein gaz de suite en enchaîner 1°, puis 2° puis 3°, etc.
Il faut prendre ses repères pour juger des améliorations : vitesse de passage à un point donné, etc…
Avec le casque et tout l’équipement de sécurité, et dans les limites légales bien sur. Un circuit est l’idéal
Ces réglages sont longs et fastidieux : démonter les 2 carburateurs, vidanger l’essence des carburateurs, remonter, proprement, remettre casque, gants, rejoindre la zone d’essai, etc.
Il faut avoir le temps et être dans un environnement sans danger. Quand ça cloche, ne pas hésiter à tout stopper pour réfléchir.
Et surtout noter ce qu’on a fait : au bout de 3 réglages, on n’est plus sur du premier, surtout si rien ne fonctionne comme prévu. L’idéal est de noter la configuration moteur, la température extérieur, et si essais de vitesse (dans les limites légales) le sens et la force du vent, et les versions essayées (gicleur, avance, et autres variations le cas échéant).
Sentir le régime de puissance maximale
La richesse doit être réglée avant.
Sur un rapport donné (4° ou 5°), sur la fin du « coup de pied au cul », quand ça accélère le plus fort, on est au régime de couple maximum. La puissance est juste un peu plus haut, en général + 500~1000 tr/mn. Puis, 500~1000 tr/mn encore après ce régime de puissance maximale, la puissance chute et la vitesse de la machine plafonne (sauf sur les rapports intermédiaires ou le régime peut monter encore).
Explication sur la courbe de puissance d’une 125 RDX « 1E7 » d’origine :
Si le régime de puissance maximale est celui qui était visé, alors juste bravo !!!
Si le régime est trop bas :
Vérifier encore une fois que l’avance est la bonne et la richesse pas trop forte. Si pas de changement il faut accepter la situation ou raccourcir le pot. Mais cette fois, on connaît le régime de puissance maximale, on peut déterminer exactement de combien raccourcir le pot. Soit réfléchir à la formule exacte (simple) à partir de ce qui dit plus haut, soit faire une règle de trois sur la longueur de
référence : je suis à 8000tr/mn, je veux 9000, j’enlève donc ~10% sur L référence.
Si le régime est trop élevé :
Même vérification qu’au dessus. Si pas de changement, on peut essayer d’augmenter l’avance, ce qui va baisser le régime et améliorer couple et puissance. Ne pas aller au-delà de 25° d’avance. Si le régime est toujours trop élevé, il faut rallonger le pot selon la recette des lignes du dessus.
Si on opte pour une avance élevée et si le taux de compression a été augmenté, il est prudent de ne pas utiliser des richesses trop basses (le piston vous remercie).